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Comment choisir une obligation ? Aperçu et illustrations

Comment choisir une obligation ? Aperçu et illustrations


Forcément, cela devrait commencer par un long voyage…  Et sept heures de vol à passer assis à côté d’un passager n’aura pas le même effet selon différents aspects comme le parfum porté par votre voisin(e) ou son degré de loquacité. Pourtant, votre billet aura coûté le même prix (pour une classe donnée). Ainsi, pour un «investissement » équivalent, un passager assis trois sièges derrière vous, par exemple, pourra retirer une plus grande satisfaction de son voyage s’il est seul à occuper sa rangée.
Tout est donc relatif.

Un investissement obligataire, encore plus.

Fort heureusement, en matière d’investissements obligataires, vous pouvez décider et ce, jusqu’à un certain point, de la qualité du voyage que vous désirez accomplir :
  • relativement agité, pour ne pas dire « volatil », avec l’espoir d’en retirer un gain maximal,
  • relativement calme et confortable, avec l’objectif de ne subir aucune contrariété tout en acceptant le prix à payer,
  • un compromis entre les deux précédents, parmi plusieurs possibles.
En réalité, en matières d’investissements obligataires, il est non seulement possible de déterminer votre classe et votre siège mais aussi d’identifier et choisir le passager à côté duquel vous passerez de nombreuses heures avant l’arrivée à destination.
Plus concrètement, pour un même montant, vous avez le choix du risque (AAA ou BBB, soit la classe de voyage) mais aussi de l’émetteur précis (le siège) appartenant à cette catégorie de risque. De fait, il devient envisageable d’optimiser votre investissement en identifiant le débiteur qui offrira un meilleur rendement pour un risque supposé équivalent.
Ceci ne constitue ni plus ni moins qu’une démarche de valorisation relative des opportunités qui se présentent à vous : « Vais-je choisir la première classe, ou la classe économie ? La rangée de gauche ou celle de droite ? Le passager qui a retiré ses souliers ou celui/celle qui les a conservés ? » reviennent à poser les questions suivantes : « vais-je investir sur du AAA ou du BBB (classe) ? en catégorie BBB, vais-je choisir Telefonica ou Deutsche Telekom (siège) ? L’émission en euro ou l’émission en dollar (passager/parfum) ? etc ».

Illustrations de valorisations relatives :

1. Le choix du degré de qualité (toutes devises confondues) :
Source : Indice JP Morgan Government Bond Index Aggregate – octobre 2016

2. Le choix entre différents débiteurs au sein d'une même zone économique, la zone euro :
Source : Indice JP Morgan Government Bond Index Aggregate – octobre 2016

3. Le choix de différents émetteurs de qualité similaire (même secteur, même devise) :
Source : JP Morgan - Bloomberg – octobre 2016

4. Le choix entre différents émetteurs pays (sur la dette libellée en dollar) :
 
Source : JP Morgan - S&P

5. Le choix entre émissions de notation équivalente (sur devises différentes) :
Source : Bloomberg

Des opportunités multiples qui offrent autant de combinaisons possibles.

Quel que soit l’arbitrage effectué, il y a toujours une implication : assumer un risque politique, un risque de change, un cycle défavorable à un secteur particulier, ou, tout simplement, un prix plus élevé. Dans le dernier exemple, choisir d’aller sur l’émetteur offrant le plus de rendement, l’emprunt du Trésor US échéant en 2025, implique de se dire, qu’en tant qu’investisseur en euro, nous avons une vue positive sur l’évolution du dollar et des taux sur ce marché, sur les 9 prochaines années… [1] Dans l’exemple 4, plus haut, le choix du Mexique plutôt que de la Pologne peut être nuancé par le fait qu’il existe un émetteur de qualité moindre bien qu’offrant un rendement similaire au Mexique, le Paraguay. Celui-ci pourrait présenter plus de satisfactions si sa notation venait à être revue à la hausse. L’investisseur pourrait alors tabler sur une contraction du différentiel de rendement du fait de l’amélioration de la notation (avec une surperformance des emprunts du Paraguay par rapport à ceux du Mexique). Tout ceci doit être nuancé en fonction des attentes de l’investisseur, de sa tolérance aux différents risques, etc. Des réflexions similaires peuvent être effectuées dans chacun des cas d’arbitrage possible présentés plus haut.

[1] Nous supposons que l’émission est conservée jusqu’à l’échéance

Stratégie d'investissement 2017 : retour vers les valeurs de qualité

Stratégie d'investissement 2017 : retour vers les valeurs de qualité


L’environnement économique et financier est aujourd’hui caractérisé par énormément d’incertitudes. Le caractère imprévisible du nouveau Président américain et les incertitudes entourant les mesures prises par son administration mais aussi par d’autres gouvernements ainsi que par les banques centrales font que toute tentative de prévision des marchés devra le cas échéant être rapidement revue, voire modifiée. Ceci vaut aussi bien pour les classes d’actifs dans leur ensemble que pour les gagnants/perdants potentiels au niveau régional ou sectoriel.

L’optimise dont font preuve les marchés boursiers (et particulièrement les valeurs cycliques) quant à une accélération rapide de la croissance économique semble pour le moins prématuré.  Le fait est que les freins qui pèsent sur la conjoncture mondiale sont en grande partie de nature structurelle. Le potentiel de croissance de l’économie américaine est limité par la faible croissance de la population active et de la productivité, deux tendances difficilement réversibles à court terme. Les mesures que prendra la nouvelle administration américaine ne pourront exercer leurs effets qu’à plus long terme, en supposant que ces mesures soient conçues de manière assez intelligente que pour avoir un effet multiplicateur positif sur la croissance. Mal conçues, ces mesures pourraient à l’inverse renforcer le ralentissement du commerce mondial et l’instabilité géopolitique.
En attendant de voir plus clair à cet égard, le risque d’un nouveau ralentissement conjoncturel est clairement présent. Si les données économiques ont indéniablement surpris de manière positive depuis quelques temps, certains développements récents pourraient mettre en péril cette évolution. L’amélioration des indicateurs économiques actuellement enregistrée est en effet la conséquence directe des mesures de stimulation importantes mises en place quelque 12 mois auparavant. Les facteurs à l'origine de cette amélioration sont en train de se retourner. La remontée des prix pétroliers va peser sur le pouvoir d’achat des consommateurs et la hausse de l’inflation mettre les banques centrales sous pression de réduire, ne fût-ce qu’à la marge, le caractère ultra-accommodant de leur politique monétaire. L’économie américaine pourrait être progressivement impactée par la remontée des taux obligataires et par la force du dollar, surtout après 7 années d’expansion. Sa sensibilité historique aux taux d’intérêt à long terme ne se trouve que renforcée par le surendettement important présent dans pratiquement tous les secteurs.

Taux obligataires et allocation sectorielle

Un ralentissement éventuel de la conjoncture américaine (et, partant, de la conjoncture mondiale) devrait en toute logique entraîner un nouveau recul des taux obligataires aux Etats-Unis. Les emprunts d’Etat américains à long terme ont ainsi toujours leur place dans un portefeuille diversifié, ne serait-ce qu’en tant que couverture contre un tel risque de ralentissement, qui prendrait les marchés financiers à contre-pied. Les emprunts de la zone euro et du Japon continuent par contre à offrir un couple rendement/risque peu attrayant.
En cas de nouveau ralentissement économique et de recul des taux obligataires, la rotation sectorielle en faveur des valeurs décotées et au détriment des valeurs de qualité toucherait à sa fin et se retournerait. Indépendamment de ceci, les incertitudes économiques et l’asymétrie des risques sur les valeurs de moindre qualité (que sont souvent les valeurs décotées) continuent de plaider en faveur d’un investissement dans des entreprises faiblement endettées, présentant une bonne visibilité sur leurs résultats et capables de maintenir un avantage compétitif dans leur secteur, quitte à passer par des phases périodiques de sous-performance. Les entreprises qui font partie des secteurs typiquement regroupés sous le terme ‘value’ ne disposent en règle générale tout simplement pas des caractéristiques qui en feraient de bons investissements à long terme.

Considérations régionales

Au niveau régional, la longue phase de surperformance du marché américain pourrait toucher à sa fin. Cette surperformance s’expliquait en premier lieu par une évolution nettement plus favorable des bénéfices des entreprises américaines, évolution qui résultait en grande partie de la capacité de ces entreprises à améliorer leurs marges bénéficiaires. La force du dollar et l’augmentation des coûts salariaux risquent aujourd’hui de peser sur celles-ci.
Sous-performance des cours et des bénéfices en Europe
Source : Barclays, DataStream, MSCI, IBES
Marges bénéficiaires Europe et Etats-Unis
Source : Barclays, DataStream
Le marché américain est par ailleurs cher, indépendamment des ratios de valorisation pris en compte.
Des valorisations plus attrayantes, une situation de liquidités plus favorable et une évolution des devises propice à des révisions à la hausse sur les estimations de bénéfices plaideraient par contre plutôt pour les marchés européens. Il importe toutefois de souligner que plus de la moitié de l’écart en terme de marge bénéficiaire (et de valorisation) entre l’Europe et les Etats-Unis reflète la composition différente des indices de ces régions.

Un marché japonais toujours attrayant

De nombreux éléments continuent à plaider en faveur du marché japonais. Les flux de liquidités restent favorables avec l’annonce de la Banque du Japon qu’elle va doubler ses achats d’actions, les fonds de pension qui augmentent leur allocation en actions et les investisseurs étrangers qui sont sous-investis dans le marché. La valorisation du marché reste attrayante et la situation financière des entreprises en bon état, quelque 50 % des entreprises (hors secteur financier) présentant une trésorerie nette positive.
Le consensus qui semble s’être établi autour de la fin du régime ‘plus bas, plus longtemps’ en matière de taux d’intérêt et la crainte de mesures protectionnistes de la nouvelle administration américaine ont été perçus comme négatifs pour l’Asie et les marchés émergents, d’autant plus que bon nombre d’entreprises de ces régions ont augmenté leur endettement en $. D’un point de vue ‘contrarian’, ces marchés pourraient dès lors agréablement surprendre, surtout après leur longue période de sous-performance.
En fin de compte, dans ce qui pourrait s’avérer une année difficile pour les investisseurs en actions, l’accent devrait être mis plus que jamais sur les fondamentaux des sociétés et la sélection de valeurs individuelles, même si la tendance vers la gestion passive ne semble jamais avoir été aussi forte. Les arguments généralement avancés pour expliquer la récente hausse des marchés sont faibles et il importe d’être très sensible à une éventuelle détérioration de l’environnement boursier. Les ratios cours/bénéfices ne sont que relativement élevés pour les indices mondiaux, mais sur base des ratios valeur d’entreprise/EBITDA (résultat d’exploitation avant intérêts, impôts et amortissement), les actions sont très chères. Et la valorisation importe au final. On ne peut pas constamment utiliser le niveau très bas des taux d’intérêt pour justifier ces multiples de valorisation très élevés. Pour les justifier, il faudrait une forte hausse des bénéfices des entreprises. Dans un environnement où la progression des chiffres d’affaires est limitée par la faiblesse de la croissance économique et où les marges bénéficiaires risquent de se contracter plutôt que d’augmenter, une forte augmentation des bénéfices ne semble toutefois pas à l’ordre du jour. Comme indiqué supra, l’accent devrait dès lors être mis sur les entreprises capables d’augmenter leur bénéfice de manière soutenable et générant un rendement élevé et régulier sur capitaux employés.

Vers une parité euro/dollar?

La hausse du dollar touche à sa fin, du moins contre l’euro. L’indice trade-weighted (indice pondéré en fonction des échanges commerciaux) du dollar s’est apprécié de plus de 30 % depuis septembre 2014. Une appréciation supplémentaire de la monnaie américaine risquerait d’avoir des conséquences négatives pour les flux commerciaux et de capitaux. L’histoire a montré que des appréciations importantes du dollar ont souvent été source d’instabilité au niveau mondial, surtout lorsqu’elles se sont accompagnées d’une hausse des taux américains. Ce risque est d’autant plus grand à un moment où la dépendance du système international à l’égard du dollar n’a rarement été aussi élevée. Le principal élément qui pourrait conduire à une appréciation supplémentaire du billet vert est lié à d’éventuels changements dans le régime fiscal aux Etats-Unis et plus particulièrement en matière d’imposition des importations et des exportations. Ces changements, qui correspondent à une forme de protectionnisme, prévoient de supprimer la déductibilité fiscale des importations, alors que les revenus provenant des exportations seraient exonérés d’impôts aux Etats-Unis. Toutes autres choses étant égales par ailleurs, ils entraîneraient une réduction du déficit de la balance courante des Etats-Unis et ce faisant, réduirait l’apport de liquidités en dollars dans le reste du monde. 
En l’absence de tels changements dans le régime fiscal américain, la hausse du dollar touche à sa fin, du moins contre l’euro. Le consensus sur le dollar semble presque unanimement positif, la plupart des observateur estimant qu’il n’est qu’une question de temps avant que la monnaie US n’atteigne la parité avec la monnaie unique. Leur optimisme repose en partie sur l’optimisme général entourant l’économie américaine depuis l’élection de Donald Trump et, de manière plus concrète, sur les politiques monétaires divergentes et le différentiel d’intérêt qui en résulte. Dans la mesure où ces éléments sont bien connus, on peut estimer qu’ils sont aujourd’hui intégrés dans les cours. Parmi les facteurs qui pourraient amener les investisseurs à changer d’avis figurent un éventuel ralentissement de la conjoncture aux Etats-Unis, le risque de désillusion avec la nouvelle administration américaine ou un changement dans les anticipations des opérateurs sur la politique monétaire de la Banque centrale européenne, changement qui pourrait par exemple venir d'une remontée cyclique de l’inflation.
L’or continue à avoir sa place dans un portefeuille diversifié au vu des nombreuses incertitudes économiques et politiques et de la fragilité du système financier. Les entreprises aurifères offrent un effet de levier important par rapport au prix de l’or.
Les valeurs de qualité sont-elles trop chères ?

Les valeurs de qualité sont-elles trop chères ?


Nous avons souvent insisté sur le fait que notre méthodologie d'investissement nous amenait à privilégier les entreprises de qualité. Nous définissons ces dernières comme étant des entreprises disposant d'un bilan particulièrement solide mais également de certains avantages compétitifs leur permettant de se démarquer de leur concurrence et de générer une rentabilité supérieure. Cette rentabilité supérieure se traduit à son tour par la génération d'un cash flow excédentaire élevé et, partant, par une grande capacité d'auto-financement et un faible taux d'endettement.
Parmi ces entreprises de qualité, celles qui sont actives dans des secteurs peu cycliques ont particulièrement attiré la faveur des investisseurs au cours des derniers mois, voire des dernières années. Il est dès lors légitime de se demander si ces entreprises défensives de qualité (Nestlé, Reckitt Benckiser, Unilever, ...) ne sont pas devenues trop chères. 3 observations et une remarque par rapport à cela.
Surperformance de Danone et d'Unilever par rapport au marché
La remarque d'abord. Le niveau des taux d'intérêt joue en règle générale un rôle important dans tout modèle de valorisation.  La réponse à la question ci-avant dépendra donc fortement des hypothèses utilisées, notamment en ce qui concerne le taux d'actualisation des bénéfices/dividendes futurs, respectivement le coût des capitaux propres. Il est clair qu'avec un taux d'actualisation très bas (sous prétexte que les taux d'intérêt le sont), pratiquement tout prix se justifie. C'est pourquoi des modèles de valorisation des actions tel que celui de la Réserve fédérale, qui compare le rendement des actions (à travers le ratio bénéfice/cours, l'inverse du ratio cours/bénéfice) au rendement des obligations d'Etat à 10 ans, arrivent systématiquement à la conclusion que les actions sont sous-évaluées par rapport aux obligations. Ceci n'a rien d'étonnant si l'on sait que le taux à 10 ans américain s'établit autour de 1,5 %. La comparaison entre actions et obligations sera encore plus favorable pour les actions européennes qui offrent un rendement plus élevé (ratio cours/bénéfice plus bas) et où la concurrence des obligations est encore moins rude étant donné que les taux obligataires sont proches de zéro. Il est néanmoins évident que plus le taux d'intérêt utilisé dans un modèle de valorisation est faible, plus la marge de sécurité le sera aussi et plus l'investissement sera à risque en cas de remontée des taux.
Les observations ensuite.
1. En utilisant un taux d'actualisation qui aurait été considéré comme approprié par le passé, avant que les banques centrales ne manipulent les taux d'intérêt, c'est-à-dire un taux autour de 9 %, on arrive à la conclusion que les sociétés défensives sont effectivement relativement chères, sans que leur valorisation ne puisse toutefois être qualifiée d'exorbitante. Plus important, par rapport au reste du marché, elles ne sont pas plus chères que par le passé. La surperformance de leur cours de bourse reflète l'évolution plus favorable de leurs bénéfices (Il importe de noter que cette constatation vaut pour les valeurs defensives de qualité dans leur ensemble. Certaines de ces valeurs ont bien vu leur prime par rapport au marché augmenter. Pour d'autres, l'évolution favorable de leur bénéfice s'explique surtout par le rachat de leurs propres actions, rachat souvent financé par le recours à la dette). Le graphique ci-après reprend ainsi le ratio cours/bénéfice relatif de ces valeurs par rapport au marché. On constate que ce ratio continue d'évoluer dans une fourchette similaire à celle du passé. Or, on pourrait arguer que dans le contexte actuel marqué par de nombreuses incertitudes économiques et financières, ces entreprises devraient être les premières bénéficiaires du niveau bas des taux d'intérêt et mériteraient de se traiter à une prime plus importante. 
Valorisation relative des entreprises de qualité par rapport au marché
Source : Minack Advisors
2. Supposons néanmoins qu'un investisseur qui détient ces sociétés en portefeuille décide de les vendre sous prétexte qu'elles sont chères. Se posera ensuite la question du remploi des fonds ainsi libérés. La situation sur les placements à revenu fixe (liquidités et obligations) est telle que le rendement actuel de ces placements ne compense en rien le risque encouru. L'investisseur pourra évidemment choisir de rester en cash en attendant une forte correction du cours des valeurs de qualité pour les racheter. L'expérience montre cependant qu'il s'agit là d'un exercice très aléatoire. Enfin, notre investisseur pourra acheter des actions dont la valorisation lui paraîtra plus attrayante. Où trouver de telles valeurs toutefois? Au cours des dernières années, les actions en général sont devenues plus chères (du moins dans le cas des marchés boursiers des pays industrialisés). Si les valeurs de qualité sont plus chères que le marché dans son ensemble (à juste titre), nous avons vu précédemment que leur prime par rapport au marché dans son ensemble n'a pas augmenté. Et les entreprises dont la valorisation paraît au premier abord plus attrayante se trouvent souvent dans des secteurs qui sont fortement à risque dans l'environnement actuel. C'est la cas pour le secteur bancaire ou pour les valeurs très cycliques. Investir dans ces secteurs nécessite une confiance dans l'économie mondiale et le système financier qui nous fait actuellement défaut.
3. Comme indiqué supra, la valorisation actuelle des valeurs défensives de qualité est élevée, mais n'est pas encore exorbitante. Le corollaire de ceci est que le rendement à en attendre est plus faible que par le passé mais reste raisonnable, surtout dans un contexte de taux bas. Le prix payé déterminant le rendement, il serait illusoire de penser qu'en payant ces entreprises plus chères que par le passé, on puisse s'attendre à obtenir le même rendement que par le passé. Il faudra donc revoir à la baisse sesanticipations de rendement sur les valeurs de qualité. Si la valorisation de ces dernières continue d'augmenter, il arrivera un moment où le rendement anticipé deviendra tellement faible qu'un investissement dans ces valeurs ne fait plus sens. Ce moment n'est toutefois pas encore arrivé.   

Traitement de l’eau, nouvel or noir ?

Traitement de l’eau, nouvel or noir ?


Alors que les analystes prédisent le pire pour l’avenir de la planète, que les ressources naturelles telles que l’eau, le pétrole ou le bois s’amenuisent, comment la technologie peut-elle éviter ce scénario catastrophe ? Une solution possible : traiter les eaux usées pour les rendre propre à la consommation. Enjeux et réalité du marché.

Un futur sans eau est-il possible ? Les analystes prédisent que quatre milliards de personnes seront touchées par des problèmes de pénurie d’eau pendant au moins un mois dans l’année. Cela représente près des deux tiers de la population mondiale. C’est donc un problème global voire une crise mondiale. Les plus gros consommateurs sont les secteurs agricoles et industriels. L’eau est indispensable pour l’agriculture et du fait de la croissance démographique, ce besoin est croissant. Diminuer la durée de sa douche quotidienne est ainsi présenté comme très minime, face aux tonnes utilisées pour l’élevage notamment.

Des organisations spécialisées dans l’environnement expliquent que la consommation d’un foyer n’est qu’un petit pourcentage dans l’empreinte totale d’un individu, sa consommation alimentaire représentant la plus large part. Par ailleurs près d’un tiers de la population mondiale n’a pas d’accès direct à l’eau potable. Ce problème est multiple et la consommation moyenne  diffère beaucoup en fonction des pays. Un Américain par exemple consomme en moyenne 2840 m3 par an que ce soit pour son utilisation personnelle et à cause de l’industrie de son pays, alors qu’au niveau mondial, la consommation moyenne par habitant est de 1380 m3. Les besoins sont donc différents, tout comme la répartition des ressources à l’échelle du globe.

La planète bleue

Pourtant la planète est couverte à 72 % d’eau. Mais une grande majorité est salée et l’eau douce ne représente qu’un très faible pourcentage, seulement 2,5 %, du total présent sur Terre. Cette dernière provient essentiellement de la fonte des glaciers, des nappes phréatiques ou encore des lacs et des rivières. Or qui dit eau douce ne dit pas forcément potable et elle doit être, la plupart du temps, traitée.

De plus ses réserves diminuent à cause de l’augmentation croissante de la population, du réchauffement climatique, de l’exploitation croissante dans l’industrie et l’agriculture et, enfin, du fait de la pollution des sources. La seule solution : traiter ! Traiter l’eau salée pour la dessaler, traiter les eaux douces et usées pour les rendre potable.

Des techniques de traitement variées

Puisque sur la quantité d’eau présente à la surface du globe, plus de 97 % est salée, et que près de 40 % de la population mondiale vit à moins de 100 km de la mer, la solution qui semble la plus aisée et la plus accessible est donc le dessalement. Mais, du fait des besoins en électricité notamment, cette technique est très onéreuse. Malgré les efforts réalisés pour diminuer les coûts en utilisant des éoliennes ou des panneaux photovoltaïques, seulement 2 à 3 % de la production mondiale proviendraient du dessalement. Mais cette technique est en forte progression avec plus de 16.000 usines dans 120 pays. On voit ainsi par exemple de plus en plus de sites de dessalement au Moyen-Orient. L’autre technique de traitement des eaux est celle consistant à traiter les effluents liquides. Cela grâce notamment de filtres extrêmement fins, technologie qui coûte deux fois moins chère que le dessalement.

La Californie déjà à l’oeuvre

A Los Angeles, le géant français Suez gère l’usine de West Basin. Avec 18 millions d’habitants dans la métropole, l’accès à l’eau est un défi. Quelle est la spécificité de cette usine de traitement ? Tout d’abord ce sont plus de huit étapes qui sont nécessaires pour faire du liquide trouble de départ l’eau limpide qui sort de l’usine à la fin du traitement. L’effluent passe ainsi dans différents bassins, avec des microfiltrations, puis se voit imposer un traitement d’UV pour tuer les bactéries etc.

Que font les Californiens de cette eau « nettoyée » ? Une partie est utilisée pour l’arrosage des jardins et des golfs, et une autre pour l’industrie et l’agriculture, comme l’irrigation des exploitations. Le reste est injectée dans la nappe phréatique, c’est ainsi que cette eau traitée et recyclée pourra se retrouver dans les robinets des habitants de Los Angeles.

A Singapour, objectif 80% d’eau recyclée d’ici 2060

Se dire que ce qui sort du robinet peut provenir directement des égouts ou encore des toilettes n’est pas la meilleure publicité. Il y a un vrai facteur psychologique qui bloque la population, comme le disent les professionnels du secteur : un facteur beurk ou “yuck factor” en anglais. En Australie, suite à un référendum, les habitants ont refusé de boire leurs eaux usées recyclées. C’est avec ce constat que les autorités de Singapour ont travaillé sur “NEWater”, leur programme de recyclage des eaux polluées.

Dans la cité Etat c’est Veolia qui a participé à la mise en place du système. Puis des campagnes de sensibilisation et d’éducation ont été réalisées dans les écoles pour rassurer les enfants et, par leur intermédiaire, les parents. NEWater ne représente qu’un petit pourcentage de la consommation d’eau potable de la ville mais les autorités souhaitent augmenter ce ratio.

A Singapour, afin de diminuer l’importation d’eau de Malaisie, la ville a investi dans le recyclage des eaux usées, mais aussi dans la désalinisation. Son objectif : d’ici à 2060, fournir 80 % de la demande via le recyclage et la désalinisation. Le compte à rebours a commencé et certains l’ont bien compris.

Quels investissements privilégier pour gagner de l’argent en 2017 ?

Quels investissements privilégier pour gagner de l’argent en 2017 ?



L’épargnant français est de plus en plus prudent. Entre des placements en actions risqués compte tenu de la volatilité des cours, et des placements plus sécurisés mais aux rendements faibles, il cherche une troisième voie. Le financement participatif, ou crowfunding, présente de jolis atours mais la prudence doit être de mise pour ne pas céder aveuglément au miroir aux alouettes de gains rapides et faciles.

Une aversion au risque de la part des investisseurs

Les épargnants et investisseurs sont de plus en plus réticents au risque. A l’heure du Brexit, les marchés financiers, s’ils résistent plutôt bien pour l’instant en Europe, pourraient faire les frais d’un climat économique et financier anxiogène. De fait, la volatilité des cours risque de s’accentuer.

Autre nuage à l’horizon, la Chine, mastodonte aux pieds d’argile dans une économie mondialisée, a une dette que certains observateurs jugent insoutenable, ce qui fait craindre des ajustements perturbateurs.

La confiance étant un facteur économique aussi important que le capital et le travail, on comprend aisément que le climat financier éloigne les investisseurs des placements en actions, trop volatiles, et qui offrent plus de perspectives de pertes que de gains, sans compter une fiscalité pénalisante. Les ménages français ne placent que moins d’un quart de leur épargne en actions

Inversement, les placements dits plus sûrs offrent des rendements peu attractifs. Le livret A allie sécurité et liquidité mais son rendement est faible, 0,75 %. Les taux de rémunération des contrats d’assurance-vie ont baissé de 25 points de base cette année mais le gouverneur de la Banque de France vient d’enjoindre les assureurs à les diminuer encore pour se mettre au diapason des taux d’intérêt de marchés structurellement bas.

Un baromètre réalisé par le salon Actionara, dédié à l’investissement en entreprises, témoigne que si les jeunes de 18 à 35 ans tentent globalement de se constituer une épargne, ils sont beaucoup plus prudents que leurs aînés. Ils sont moins de 8 % à investir dans une entreprise, contre 14 % des Français. Il est vrai que les investissements dans les fonds de jeunes pousses ou start-up restent risqués. Dans le monde des business angels, on constate que sur 10 start-up qui se créent, seule la moitié sera encore là au bout de cinq ans, et une seule fera du profit.

L’attractivité du financement participatif

En ces temps de marasme économique et financier, difficile d’ignorer l’engouement croissant pour les plateformes de financement participatif ou « crowfunding ». Le principe : des épargnants se regroupent autour du financement d’un projet par l’intermédiaire d’une plateforme de mise en relation. Cela peut prendre la forme d’un don pur et simple à une association ou d’un investissement avec rendement attendu à la clé.

Ces plateformes de crowfunding ont collecté plus d’un milliard d’euros en Europe en 2015. La France compte déjà 2 millions de particuliers ayant franchi le cap pour un montrant collecté de près de 300 millions d’euros. Les PME sont le principal secteur cible avec de potentiels rendements très attractifs de 7 à 8 % avec un système où le risque est assez cadré. Les rendements sont en effet connus au départ car, contrairement aux actions boursières, les prêts et obligations par le biais du crowfunding prévoient, contractuellement, taux d’intérêt et durée de l’engagement de l’épargnant.

Comme tout investissement, il n’est pas sans risque : on n’est jamais à l’abri de la faillite de l’entreprise financée. Le risque est plus grand pour une start-up que pour une PME qui développe son activité à l’international ou qui mise sur une niche d’innovation. Les déboires de la plateforme américaine Lending Club incite à être également très prudent sur le choix de son vecteur d’investissement participatif. Le risque de pratiques frauduleuses est de plus en plus réduit compte tenu du travail des autorités régulatrices.

Un risque plus marqué réside dans la place croissante des hedge funds, qui sont par nature des prêteurs versatiles dont le comportement parfois erratique peut mettre en péril le financement d’un projet.

Par rapport à des placements soit trop risqués soit à faible rendement, le crowfunding semble une solution d’investissement assez attrayante. Il permet d’investir sur des produits à rendement intéressant dans le cas de PME œuvrant sur un créneau innovant à forte croissance. Un des atouts du secteur du financement participatif en France est qu’il reste de taille modeste et pour l’instant plutôt fréquenté par les petits épargnants, et moins par les acteurs institutionnels (banques, fonds de pension) comme c’est le cas outre-Atlantique.